La face visible (maquillée).

 

1) LES MENAGES

L'école a modelé leurs comportements, plus encore que leurs connaissances pratiques, et les a préparés à vivre dans une société où il ne ferait pas bon de ne pas militer pour les droits de l'homme et les trois slogans de la République, bases de la doctrine salvatrice, à condition de savoir se débrouiller ensuite pour les mettre en œuvre soi meme, comme s'il s'agissait finalement d'un don inné, ne nécessitant donc pas particulièrement de passer une scolarité entière pour le faire éclore.

Il est vrai que l'école est championne dans les questions de cours, les rabâchages et bachotages, et n'a jamais excellé dans les travaux pratiques et les études de cas en groupe, m'enfin, c'est toujours ça de pris, ça justifie les impôts y associés, et les jeunes conscrits n'auront qu'à se réaliser dans la vie pratique, sans savoir gérer un budget familial, car cette matière (la gestion en bon père de famille) n'est pas suffisamment noble, et relève du populaire.

On pourrait soupçonner un choix délibéré de lancer à l'aventure des cohortes de sous éduqués, malléables à merci par les grandes gueules qu'ils ne manqueront pas de croiser sur leur chemin, mais ce serait manichéen, car qui croirait qu'il faut absolument maintenir le peuple en état de sous information pour assurer la perennité du pouvoir des élites/ bêtes à concours ?

Ceci étant, les voilà jetés à l'eau, ces jeunes ménages, dans un milieu pas toujours serein, et obligés de faire leur trou, bien ou mal, et aussi celui des autres.

Depuis quelques décades, le mot clé étant de s'assurer collectivement, on s'assure, et se rassure par la meme occasion.

On participe ainsi à la couverture des plus démunis ou des plus malchanceux, et à celle des petits vieux, en mettant quelques sous dans la machine à déresponsabiliser.

On a fait une bonne action, ce qui permet de ne plus être obligés de visiter ses pauvres, comme le faisaient les bourgeois des siècles précédents, ni meme de garder ses vieux à la maison, pour s'occuper des gamins en bas âge, et leur transmettre quelques rudiments pratiques.

L'argent a été ainsi à l'origine d'une classe entière de néobourges (dans la tête), grâce à l'assurance, et à la bonne conscience d'un système plus ou moins géré paritairement avec la bénédiction de l'Etat qui s'occupera de ceux qu'on a laissés pour compte, malgré la perfection apparente du système.

La majorité des ménages a peu conscience (profonde) de ce phénomène sociétal, et si par hasard surgissait un doute, les milliers d'associations caritatives agissent comme une seconde couche, pour compléter l'assurance intime que "Tout va très bien Madame la Marquise".

L'Etat est bien sur ravi de l'existence de cette myriade d'associations, qui tentent de boucher les trous que ses propres emplâtres ne couvrent pas, et il se défausse en les finançant (en puisant dans les impôts), ce qui conforte encore plus le contribuable néobourge de base (dont on veut lui faire croire que 80% de ses congénères participent d'une manière ou d'une autre à ce bienfait national).

Bref, le mal empirant entre temps, il est temps de prendre conscience de l'hypocrisie généralisée du système ainsi vénéré, et de l’égoïsme forcené qui en résulte dans les comportements journaliers, puisque de toutes façons, le malheur ne peut arriver, sinon qu'aux autres.

2) L'ETAT

Le service public.

Il nous a réservé une autre surprise, ayant eu l'idée géniale de créer les services publics, sorte de troisième couche d'assurance que tout va bien se passer pour tous le monde.

Qu'il ait fait accessoirement de ces services publics des assoiffés de la juste répartition des richesses nationales pour leur propre compte n'est bien sur qu'un détail, puisque ces troupes sont finalement nécessaires à la survie des élus qui en proviennent, et des gouvernements qui en découlent.

Le service public est le dernier pilier de la trilogie des frontons de la République, mais plaçés à l'envers, qui assurent ainsi la liberté de puiser, pour assurer que l'égalité de traitement sera assurée en donnant le bon exemple à l'intérieur, et que la fraternité sera appliquée à la protection de cette élite, si nécessaire au confort du reste du monde.

L'idée est excellente, l'exemple pratique qui en est fait est carrément détestable, m'enfin ça leur fait plaisir, et les idiots du village qu'ils auront formés seront persuadés que c'est normal qu'ils se servent au passage, puisque c'est pour leur bien.

Ce nouveau clergé et cette nouvelle noblesse remplacent valablement leurs aînés, et leur pouvoir est justifié par les lois de la République à l'envers, alors, il faut rentrer dans le rang (circulez, il n'y a rien à voir).

A propos de rien à voir, c'est faux depuis 2 ans bientôt, car le souci de transparence est clairement exprimé, et dans les faits de nombreux sites Internet des différents ministères commencent à distiller l'info, pour ne pas être taxés de maintenir en état de sous information le bon peuple.

Bien entendu, me direz vous, le clergé n'apprécie pas le phénomène, car on vit d'autant mieux qu'on vit cachés (ceux qui vivent dans des caves le savent bien, n'est il pas ?).

Ce meme clergé parle évidemment de désinformation, de manipulation de chiffres, et il faut reconnaitre qu'il y a aussi un but/objectif à destination "interne" à la diffusion de données économiques concernant la réalité sonnante et trébuchante de leur activité sacerdotale, mais il ne remettra pas finalement pas en cause ce meme sacerdoce, pour autant qu'il continue à etre assuré d'en sortir les pieds devant, après avoir été embauché à la sortie du lycée (histoire de ne pas lui laisser le temps d'apprécier les joies et malheurs de l'autre monde).

La fiscalité.

L'argent, c'est le nerf de la guerre éternelle, guerre réelle autoentretenue par le maintien (par le biais des régimes spéciaux) de la fracture à combattre , et guerre officielle/médiatique pour réduire la fracture, par l'immiscion dans le fonctionnement du reste du monde, la législation sur les 35 heures étant le meilleur cas d'exemple, médiatisé à souhait comme il se doit, et permettant finalement aux actifs du privé de mieux se répartir les richesses de leur propre productivité, à la grande de joie de leurs dirigeants qui n'en demandaient pas tant (surtout si les subsides étatiques vont avec, pour faire semblant d'embaucher, ce qui était originellement l'objectif du bidule), et avec finalement le résultat que l'on sait concernant les emplois créés.

Pour obtenir cet argent de manière la plus naturelle possible, il faut donc faire assaut de "bonne et juste" répartition des taxes et impots, en parlant surtout de l'IRPP, et de sa progressivité (très progressiste), bien qu'il ne représente plus que 12% du total, mais que voulez vous, tout le monde n'est pas obligé d'avoir saisi les finesses de l'arithmétique de CM2, ni les subtilités des ordres de grandeur (car ça ferait désordre, à la fin).

On est meme allé jusqu'à tenter de toucher aux Allocations Familiales, le truc le plus solidaire qui soit, compte tenu de l'ancienne tendance héréditaire à considérer la famille comme quelque chose d'important en soi, la cellule de base, quoi, celle qui s'effacera devant les cellules organisées par les adultes, pour leur autodéfense de castes.

La fiscalité sera aussi assistée par les entreprises publiques, qui pratiqueront des tarifs adaptés pour assurer leur perennité, d'abord, en taxant l'utilisateur sans autre calcul que de s'autoalimenter, voire pour certains d'entre eux à surtaxer pour alimenter les défaillants, et laisser apparaitre un fonctionnement globalement équilibré (donc nul) comme il se doit, exercice d'autant plus aisé qu'il n'y a pas de concurrence sur le créneau des services à prix imposé (mais en attendant, les financements directs d'Etat représentent plus de 1.000 milliards de francs sur les dernières décennies, intérets compris).

On tentera meme d'améliorer le score de la loi des 35 heures en donnant de l'argent supplémentaire aux susdites, pour faire une encore plus juste répartition des richesses communes à la Nation, sans trop se poser la question de savoir d'où proviennent ces richesses, car ça ferait désordre.

Bref, tout concourt à transmettre le savoir gérer de base, en etant justes et équitables, ce dont les français sont bien évidemment informés, s'ils n'en étaient pas pleinement convaincus/conscients.

La fraternité en France, c'est d'abord l'Etat qui l'assure, à l'image des "grands frères" qui se répartissent fraternellement le résultat de leurs "taxes".

La Fraternité, c'est la seule chose qu'il sache bien faire, meme si malheureusement cette spécialisation a un impact défavorable sur la facette de l'Egalité, facette laissée à la Liberté du reste du monde, comme il se doit, car l'Etat ne peut pas tout faire.

 

La face réelle (que l'on voudrait cacher)

 

Retour Index.