La face réelle (que l'on voudrait cacher)

 

A) LES MENAGES

Deux catégories de ménages coexistent dans la société française : les "avec" et les "sans".

Les "avec" se laissent bercer par la chanson d'après guerre (Tout va très bien, Madame la Marquise) qu'il est intéressant de psychanalyser pour en saisir la "saveur" amère, saveur réservée quotidiennement aux "sans", sans psychanalyse préalable.

Les "sans" ne chantent guère, eux, et ils ne sont pas tenus de se donner une bonne conscience..

Les deux catégories ont élu un Président spécialiste de la fracture, qui n'était en fait qu'un spécialiste du grand écart, gymnastique élémentaire en marketing politique.

Ce dernier s'est racheté (pour ne serait ce que survivre personnellement) en faisant élire une chambre des députés, et donc un gouvernement qui va nous prouver que la solidarité est bien un mot de la langue française.

Comme ses prédécesseurs, ce gouvernement est le spécialiste des emplâtres sociaux, petites choses qui rassurent et réconfortent les "avec", mais pas les "sans", dont la situation relève de toute autre chose que des emplâtres et autres placebos.

 

B) L'ETAT

Les aberrations fiscales.

1) Les loyers versés pour la résidence principale.

Assez curieusement, peu de personnes réagissent à la non déductibilité des loyers versés au titre de la résidence principale, par le contribuable locataire.

Et pourtant, cette mesure est la seule qui permettrait à l'état d'etre homogène avec ses déclarations d'intention qui veulent présenter l'image d'une fiscalité légère pour les plus petits ménages.

En effet, prenons un exemple très simple, dont les chiffres ne correspondent pas typiquement à ceux de ménages démunis, mais à des cadres moyens, pour marquer l'importance du phénomène.

Deux frères jumeaux (Pierre et Paul) ont la meme situation salariale (disons 300 KF imposables), le meme patrimoine (disons 1 MF), Pierre achète un appartement de 1 MF, Paul loue l'appartement voisin (disons 70 KF annuels) et place l'argent de son patrimoine dans un investissement (quelconque, là n'est pas l'important) qui lui rapporte 70 KF de revenus financiers annuels.

Vous connaissez la suite : Paul va payer 7 Kf de CSG+etc.., et de plus payer environ 28 KF d'IRPP supplémentaires (soit 50% des 70 KF), alors que Pierre ne subira pas cette ponction.

Finalement, le système fonctionne dans le sens favorable aux propriétaires, et non pas aux locataires, et ça, c'est un exemple type du monde à l'envers.

Quand on sait que les masses correspondantes aux loyers des résidences principales dépassent les 200 milliards, il y a de quoi s'étonner du maintien d'une telle mesure discriminatoire.

La solution d'équilibrage est simple : autoriser la déduction des loyers versés (pour la seule résidence principale, évidemment), quitte à modifier les barèmes et tranches pour maintenir le "rendement" global de l'IRPP.

A noter que le principe meme de la déductibilité amènerait plus de transparence, car les loyers seraient enfin déclarés à leur juste valeur, éliminant automatiquement les dessous de table, l’intérêt du locataire étant de déclarer la réalité de ses dépenses locatives.

Et que l'on ne vienne pas me raconter que ça pénaliserait le petits malins qui sous louent leur propre location, sans déclarer leurs revenus locatifs, car pourquoi donc l'état favoriserait il cette catégorie de citoyens ?

Un courrier a été fait au Premier Ministre dans ce sens, et je vous laisse deviner la suite qui y sera donnée.

2) Les taxations à taux fixes.

Considérez un chômeur longue durée, percevant les seules ASS (Allocations de Solidarité Spécifique), seul revenu de son ménage de deux personnes.

Comme il ne peut dignement vivre avec 3.000 F mensuels, il revend chaque année une partie de ses économies antérieures (prévues initialement pour l'achat de la petite maison de retraite), au niveau de 40 KF annuels, dont 30 KF de plus values apparentes (valeurs mobilières par capitalisation ayant été acquises il y a très longtemps, sachant que l'inflation n'est jamais déduite, ce qui est encore une aberration supplémentaire, car elle constitue à elle seule 75% de ces plus values).

Il va payer 16% sur ces plus values, soit 4,8 KF, bien que son revenu global soit largement inférieur au seuil de déclenchement de l'IRPP.

La encore, c'est le monde à l'envers, car les plus values devraient être intégrées à l'IRPP pour subir la progressivité de l’impôt, pénalisant plus les gros détenteurs que les petits.

Dans notre cas d'exemple, notre petit ménage n'aurait meme pas atteint le seuil d'imposition actuel, après intégration des plus values de 30 KF s'ajoutant aux A.S.S.

3) La T.V.A.

On ne s'étendra pas sur le problème majeur de la TVA, impôt injuste s'il en est, dès qu'il s'agit d'un impôt à taux fixe sur la consommation effective des ménages.

Le problème, c'est que chez nous, tous les revenus ne sont pas consommés, sauf évidemment pour les plus démunis, qui consomment et bien au delà de leurs propres ressources directes, puisqu'ils en sont réduits à consommer leurs économies antérieures (ou celles de leur famille assistante).

Bon an, mal an, cependant, 500 milliards supplémentaires se thésaurisent, et vont alimenter (principalement) le gouffre sans fond des Obligations d'Etat et autres babioles du genre.

Si la TVA était prélevée d'office sur tous les revenus, de toutes natures, qu'ils soient finalement consommés dans l'année ou non, l'Etat engrangerait 100 milliards de plus au titre de la TVA.

Cette méthode serait transparente et éviterait toutes les magouilles (tant dénoncées par ailleurs) au niveau du circuit de perception actuel chez les commerçants.

Et alors ?

 

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